Pierre Brossolette est avec Jean Moulin
une des grandes figures de la Résistance. On ne retient pourtant de cet homme
brillant, complexe, engagé, que son geste de militant torturé, se donnant
volontairement la mort pour échapper à la Gestapo.Homme politique, grand journaliste,
il devient Résistant dès la défaite de 1940 avec sa femme. En 1942, il rencontre
De Gaulle à Londres. Il effectue trois missions en France,changeant sans cesse
d'identité. Brossolette est capturé, le 3 février 1944, lors d'une tentative
de retour vers Londres. Les Allemands le transfèrent au 84 avenue Foch à Paris,
siège de la Gestapo. Pour le faire parler, Brossolette est torturé pendant
deux jours et demi. Profitant d'un moment d'inattention des gardiens, il se
jette de la fenêtre du 5ème étage, le 22 mars. Gravement blessé, il succombera
à ses blessures vers 22 heures à l'Hôpital de la Pitié, sans avoir parlé.

A côté de vous, parmi vous, toujours luttent et meurent des hommes – mes
frères d’armes – les hommes du combat souterrain pour la libération. (…)
Tués, blessés, fusillés, arrêtés, torturés, chassés toujours de leur foyer,
coupés souvent de leur famille, (…) La gloire est comme ces navires où l’on
ne meurt pas seulement à ciel ouvert mais aussi dans l’obscurité pathétique
des cales. C’est ainsi que luttent et que meurent les hommes du combat souterrain
de la France. Saluez-les, Français ! Ce sont les soutiers de la gloire.
"Les soutiers de la gloire"- Pierre Brossolette – BBC- Emission «Honneur
et Patrie» 1942