PIERRE BROSSOLETTE (1903-1944)

Pierre Brossolette est avec Jean Moulin une des grandes figures de la Résistance. On ne retient pourtant de cet homme brillant, complexe, engagé, que son geste de militant torturé, se donnant volontairement la mort pour échapper à la Gestapo.Homme politique, grand journaliste, il devient Résistant dès la défaite de 1940 avec sa femme. En 1942, il rencontre De Gaulle à Londres. Il effectue trois missions en France,changeant sans cesse d'identité. Brossolette est capturé, le 3 février 1944, lors d'une tentative de retour vers Londres. Les Allemands le transfèrent au 84 avenue Foch à Paris, siège de la Gestapo. Pour le faire parler, Brossolette est torturé pendant deux jours et demi. Profitant d'un moment d'inattention des gardiens, il se jette de la fenêtre du 5ème étage, le 22 mars. Gravement blessé, il succombera à ses blessures vers 22 heures à l'Hôpital de la Pitié, sans avoir parlé.

A côté de vous, parmi vous, toujours luttent et meurent des hommes – mes frères d’armes – les hommes du combat souterrain pour la libération. (…) Tués, blessés, fusillés, arrêtés, torturés, chassés toujours de leur foyer, coupés souvent de leur famille, (…) La gloire est comme ces navires où l’on ne meurt pas seulement à ciel ouvert mais aussi dans l’obscurité pathétique des cales. C’est ainsi que luttent et que meurent les hommes du combat souterrain de la France. Saluez-les, Français ! Ce sont les soutiers de la gloire.

"Les soutiers de la gloire"- Pierre Brossolette – BBC- Emission «Honneur et Patrie» 1942